SENECHAL Henri Octave (23/12/1883 - 19/09/1914)

Morts pour la France 1914-1918 du Mesnil-Théribus

SÉNÉCHAL Henri Octave (23/12/1883 – 19/09/1914).

◦ Henri SÉNÉCHAL est né le 23 dévembre 1883 à 14 heures à Larachie, un hameau de Valdampierre
◦ Son père Henri SÉNÉCHAL est tabletier, boutonnier, coupeur chez Lemaire Vallé, et sa mère, Modeste-Florentine-Dina LAMBERT, est tabletière. Ils résident à Fresneaux-Montchevreuil.
◦ Au tirage au sort dans le canton de Méru du mois de janvier 2004, Henri SÉNÉCHAL tire le n° 21, ce qui n'est vraiment pas un bon numéro.
◦ Henri SÉNÉCHAL apprend en effet fin août que le Conseil de Révision du mois de février l'a affecté dans la première portion de la liste, et le désigne Bon pour le service armé, sous le matricule de recrutement n°1012.
◦ Le Conseil de Révision a estimé son niveau d'instruction au degré 3.
◦ Son numéro de recrutement 1012 est aussitôt inscrit sur son registre matricule, sur lequel seront notés tous les détails des services accomplis jusqu'à sa libération définitive des obligations militaires. Ce registre est une feuille cartonnée où sont mentionnés son état civil, sa filiation et qualité en tant que conscrit, des renseignements sur son physique ou d'ordre médical; puis par la suite ses campagnes militaires, ses blessures, ses décorations ou condamnations, ainsi que ses adresses successives lors de son passage en tant que réserviste.

◦ Henri SÉNÉCHAL est incorporé à compté du 15 novembre 1904 au 162e Régiment d'Infanterie (RI), matricule au corps n° 8180, comme soldat 2e classe. Le casernement du 162e RI est à Verdun.
◦ Le 30 décembre 1905 il est résident au Mesnil-Théribus.
◦ Le 17 juin 1906, délibération n°95 du Conseil Municipal du Mesnil-Théribus déclare: ''Monsieur le Maire du Mesnil-Théribus , communique au Conseil municipal une demande d'envoi en congé de soutien de famille formée par le soldat SÉNÉCHAL Henri Octave. Le Conseil après avoir délibéré, émet l'avis qu'il soit fait droit à sa demande en raison de la situation digne d'intérêt de sa famille .''
◦ Le 18 septembre 1906, il est envoyé dans la disponibilité, comme soutien de famille (art 22). On lui accorde son Certificat de bonne conduite.
◦ Il passe dans la réserve de l'armée active le 1er octobre 1907.
◦ Il réalise sa première période d'exercice dans le 51e RI du 29 août au 20 septembre 1910.
◦ Tabletier, Henri SÉNÉCHAL épouse à Fresneaux Léonie-Maria-Aline PINCHON le 11 février 1911. Le couple est domicilié au Mesnil-Théribus.
◦ Henri SÉNÉCHAL réalise sa deuxième période d'exercice dans le 51e RI du 14 au 30 mai 1912.

1914 … mois d'août …
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◦ Le samedi 1er août vers 16h, les cloches commencent à sonner la tocsin; un tocsin qui hélas, ressemble étrangement au glas des morts. Au loin dans les champs, les hommes, interdits, l'entendent et s'arrêtent un instant de travailler. Ils ont compris et sans mot dire, reprennent leur rude besogne, car il ne faut pas que cette belle moisson soit perdue. Qui donc pourra la terminer puisque demain, après demain, ils ne seront plus là ?
........Les cloches résonnent encore quand la cloche du garde-champêtre porte la fatale nouvelle dans toutes les rues du village. Les employés de la mairie placardent les ordres de mobilisation générale et de réquisition frappés des deux drapeaux croisés.
........Partout, sur les portes des granges, sur les pignons des maisons, sur les murs des fermes. Il est impossible de ne pas connaître la nouvelle. Une grande affiche : c'est l'ordre de mobilisation générale des armées de terre et de mer qui précise que le premier jour de la mobilisation est le dimanche 2 août et une autre affiche plus petite est l'ordre de réquisition des chevaux et des mulets.
........« Mais la mobilisation ne signifie tout de même pas la guerre, comme le dit une proclamation officielle. On va moucher les Prussiens en trois coups de cuiller à pot, vous allez voir. Tous les gens le croient. On aura tôt fait d'infliger une bonne leçon à cet épouvantail de Guillaume ; on aura tôt fait de lui couper les moustaches. Après cette juste revanche, on reviendra gentiment au village » (*).

◦ Henri SÉNÉCHAL sait qu'il doit se préparer à partir pour rejoindre son corps.
◦ Le 4 août il arrive à la caserne Watrin à Beauvais (**). Il est affecté avec le matricule au corps n°015622, dans la 2e Section d'Infanterie Militaire de la 20e Compagnie (Cie) du 51e Régiment d'Infanterie (RI), 6e Brigade (Bde), 3e Division (Div), 2e Corps d'Armée (CA), Ve Armée.
.........Le 51e RI constitue avec le 87e RI de Saint Quentin, les deux régiments d'infanterie de la 3e Division d'infanterie. La 3e Div est alors placée en réserve de la IIe armée qui doit en premier lieu protéger la ligne Maginot d'une manœuvre de contournement.

◦ Le 5 août, le 51e RI quitte Beauvais par voie ferrée en trois trains:
▪..........à 10h04, le 1er train embarque le 1er Btn et l'État-Major du Régiment,
▪..........à 11h 35, le 2e train embarque le 2e Btn,
▪..........à 13h 34, le 3e train embarque le 3e Btn,
▪..........à 23h, les trois trains débarquent en gare de Stenay.

◦ Le 6 août, le Régiment cantonne à Martincourt-sur-Meuse, Nepvant et Lamouilly.
▪..........À 9h15, le 3e Btn Samuel-Mayer se porte en Belgique, vers Tintigny, Étalle, Rossigno, Jamoigne, en soutien de la 4e Division de Cavalerie. '' C'est lui qui, le premier, a l'honneur de voir l'ennemi, de lui infliger des pertes.'' Le 2e Btn se déplace sur Lamouilly, pour en défendre l'accès.
▪..........À 15h15, la 3e Cie du 1er Btn Agel, rejoint à Inor la 1ère Cie du Génie, qui est chargée de préparer la destruction des ponts d'Inor et de Pouilly-sur-Meuse. Une autre Compagnie du Génie, vient faire de même à Martincourt-sur-Meuse. Une liaison téléphonique d'un km est établie entre Martincourt-sur-Meuse et Inor.

◦ Les 7 et 8 août, les trois bataillons du 51e RI restent en cantonnement de concentration. Le 2e CA est affecté à la IVe Armée et reste dans le secteur de Stenay, alors que la Ve Armée remonte vers Givet. La décision de faire passer le 2e CA de la Ve à la IVe armée est liée à la tactique du Grand Quartier Général (GQG) dont le commandant en chef des armées est depuis le 2 août, Joseph Joffre. Le GQG est basé à Vitry-le-François depuis le 5 août.
◦ Le 9 août à 9h30, le 51e RI part cantonner à Baâlon, où les Compagnies arrivent progressivement entre 14h et 19h10.
◦ Le 10 août, les 1er et 2e Btns procèdent à l'exécution de tranchées pour assurer la défense de Baâlon, face à l'est. En Belgique, '' la section Roisin de la 10 Cie du 2e Btn, tue deux cavaliers ennemis, trois chevaux et fait huit prisonniers,'' dont un capitaine-vétérinaire.

◦ Le 11 août à 18h30, après en avoir reçu l'ordre du Général commandant la 3e Div, le 2e Btn Berthon part pour Brouennes (à 7km à l'ouest de Montmédy) afin de tenir les ponts sur la Chiers. Les Compagnies sont réparties entre Chauvency-le-Château (situé entre Brouennes et Montmédy), Chauvency-Saint-Hubert ( à 3km au nord-ouest de Chauvency-le-Château) et Brouennes.
◦ Le 12 août à 8h15, le 2e Btn fait son rapport et signale qu'il est en liaison avec deux Compagnies du 272e RI qui sont à Lamouilly ( à 4km de Brouennes en aval de la Chiers).
◦ Les 13 et 14 août, le 51e RI cantonne à Baâlon.
◦ Le 18 août, le 3e Btn Samuel-Mayer, '' fatigué par 13 jours de longues marches et de nuits sans sommeil, fier de montrer ses trophées que les camarades regardent avec envie, rejoint le 51e RI à Vigneul-sous-Montmédy ( à 3km au sud-ouest de Montmédy).''

◦ Le 22 août à 1h30, le Régiment est alerté et quitte son cantonnement de Montmédy pour se porter à l'attaque des forces allemandes signalées en Belgique, au nord de Virton. Henri SÉNÉCHAL, va y recevoir son baptême du feu, dans la bataille de Virton.
▪..........À 8h30, en traversant l'espace découvert, large de 600m, situé entre le bois de Sommethonne et Villers-la-Loue, les bataillons sont soumis à un violent bombardement de l'artillerie lourde allemande. Malgré les pertes, le mouvement en avant continue dans le plus grand ordre.
▪..........Les 2e et 3e Btns traversent Villers-la-Loue et attaquent l'ennemi qui occupent les crêtes dominant le village au nord-est. L'ennemi retranché, se défend énergiquement, avec ses nombreuses mitrailleuses et sa puissante artillerie lourde. Les Français plein d'entrain, chargent à la baïonnette et franchissent les crêtes. Mais les pertes sont lourdes ; le capitaine Vallée de la 6e Cie, chargeant le sabre et gants blancs à la main est tué en lançant ses troupes à l'assaut. On dénombre 15 tués, 140 blessés et 30 disparus. Il ne reste plus que 80 hommes à la 6e Cie sur les 250 au départ. Mais l'objectif est atteint, le 2e Btn est à Meix-devant-Virton en flammes, où il passe toute la nuit. Le 3e Btn est à Robelmont alors que le 1er Btn est resté à Villers-la-Loue bombardé violemment.

◦ Le 23 août, la situation est inchangée, les bataillons se reforment et l'ennemi ne bouge pas. Cependant le lendemain, malgré le désir du Régiment de reprendre l'attaque, l'ordre est reçu de battre en retraite, l'armée française venant de perdre 27 000 hommes dans la seule journée du 22 août. Les charges à la baïonnette des soldats français se sont heurtées à l'artillerie lourde et aux mitrailleuses allemandes.
◦..........Les kilomètres à parcourir, la chaleur, la fatigue, le manque de sommeil et parfois de nourriture, rendent la retraite des Français très dure. Le 51e RI se défend malgré tout avec énergie lorsque l'ennemi qui le talonne veut l'aborder, comme lors de la bataille de Cesse, sur la Meuse le 27 août et de la bataille de Fontenoy et celle de Buzancy le 31 août.
◦ Le 31 août c'est la fin de la Bataille de la Meuse et le repli vers la Marne. Les pertes françaises sont sévères, 40 000 hommes; elles viendront se rajouter aux 100 000 pertes par mois pour cette fin de 1914. « Avant que ne s'enclenchent les batailles des ''hommes couchés et enterrés'', on a assisté à la bataille des ''hommes debout'', où les chefs se comportèrent comme sous Napoléon III, chargeant à la tête de leurs hommes, avec drapeau, casoar et gants blancs, » pour se faire faucher par les mitrailleuses allemandes. En ce début de guerre, les fantassins prédominent; ils passeront de 67% à 45% en 1918, au profit des artilleurs, du génie et du ravitaillement.

◦ 1914 … mois de septembre …
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◦ Le 4 septembre, Henri SÉNÉCHAL se retrouve à Dommartin-sur-Yèvre. Ce jour-là, le drapeau du Régiment reçoit un éclat d'obus.
◦ Le 5 septembre, Henri SÉNÉCHAL est à Blesme et Scrupt. L'avance allemande étant stoppée après les victoires de l'Ourcq, du Petit Morin, d'Esternay et de Montmirail, l'ordre est reçu de ne plus reculer. Henri SÉNÉCHAL va se lancer dans la Bataille de la Marne. Pendant la retraite, le Régiment a perdu 18 tués, 255 blessé et 86 disparus, presque tous tombés au combat de nuit à Cesse. La bataille qui s'engage va opposer 900 000 Allemands à 600 000 Français qui vont vite passer à 900 000, aidés de 100 000 anglais. Témoignage de Cesse ?

◦ Le 6 septembre, la bataille commence à 9h avec les obus ennemis qui tombent sur Blesme, Dompremy et la voie ferrée, mais sans lancer d'attaque. Pendant que le 3e Btn est à Scrupt, les 1er et 2e Btns du 51e RI occupent le talus du chemin de fer au nord de Blesme. La 8e Compagnie (Cie) du capitaine Dumaz doit s'avancer et creuser une tranchée à 800 mètres du chemin de fer. La 4e Cie du Capitaine Tarrit du 1er Btn est détachée à Dompremy, afin d'établir la liaison avec le corps colonial .
◦ Le 7 septembre, Blesme est bombardée à 7 heures. La 8e Cie repousse les attaques allemandes dans sa tranchée. À 17 heures Blesme en flamme est évacué et le 3e Btn quitte Scrupt pour occuper Saint-Lumier. Le lendemain, la 1ère Cie se poste à la gare d'Haussignémont alors que la 4e Cie résiste héroïquement aux attaques ennemies sur Dompremy.

◦ Le 10 septembre, le bombardement et les attaques allemandes reprennent dès 3h30. Mais les Compagnies qui défendent âprement la voie ferrée repoussent les Allemands arrivés à 100 mètres des lignes. La 8e Cie qui n'a plus que 62 survivants, parvient à rejoindre le 2e Btn en ramenant 63 prisonniers.
◦.......... Dans la nuit du 10 au 11 septembre, l'ennemi a abandonné ses positions et ses nombreux tués ou blessés sur le terrain. Après un court repos le 11 septembre, le 51e RI se lance dans la poursuite des troupes allemandes. Le lendemain, le 51e RI est à l'avant-garde de la 3e Div et arrive à Possesse. lle 13 et 14 septembre il parvient à Sainte-Menehould, Verrières, La Harazée et Vienne-le-Château.
◦..........Les Allemands se cramponnent aux halliers touffus de l'Argonne. '' La forêt d'Argonne est un lieu fait pour la guerre de tranchées, où le sapeur triomphe avec sa pioche et le fourneau de mine, où l'artilleur est aveugle et hésite, où le fantassin vit dans l'obsession du danger et l'horreur de la surprise qui le tient à la gorge.C'est un lieu de fourrés mystérieux et impénétrables, maigres chemins boueux et rares, eaux glissant des ravins profonds et jaillissant des fontaines''. C'est dans ce décor que les Allemands s'installent et s'implantent solidement. Ils résistent énergiquement aux attaques françaises. Alors pendant les quatre mois qui suivent, la lutte sera longue et meurtrière, sous les grenades, pétards et mines qui commencent à faire leur apparition.

◦ Le 15 septembre, la 6e Bde reste en réserve à Vienne-le-Château et au Four de Paris. Des renseignements arrivent sur la situation de l'ennemi: Montblainville et Varennes-en-Argonne sont occupés par de l'Infanterie allemande, Boureuilles a été évacué et une forte colonne de toutes Armes remonte de Clermont vers Grandpré.
▪..........Le 1er Btn occupe la Chalade. Quant au 2e Btn basé au Four de Paris, sa 6e Cie reste à Vienne-le-Château en soutien à la 5e Cie du Sous-Lieutenant Gouin envoyé à la cote 176 à 2 km au nord de Vienne-le-Château, avec mission de couvrir la droite de l'attaque de Binarville par le 147e RI. La 8e Cie du 2e Btn est à La Harazée en soutien de la 7e Cie envoyée à La Fontaine-aux-Charmes avec mission de surveiller l'aile gauche de la ligne ennemie.
▪..........À 15h35, l'artillerie ennemie balaye la lisière nord du Bois de La Gruerie. Le Sous-Lieutenant Gouin est blessé mortellement.
▪..........À 16h, Servon attaqué est défendu avec acharnement par le 72e RI. La 6e et la 8e Cie du 2e Btn ainsi que le 1er Btn vont occuper le saillant sud du bois Triangulaire, avec mission d'organiser une position de repli entre les cotes 183 et 188 occupées par le 87e RI.
▪.......... Servon est finalement aux mains des Allemands vers 17h. Les pertes sont sévères côté français et les routes vers Saint-Thomas-en-Argonne sont vite encombrées.
▪..........À 17h45, les 1er et 2e Btns du 51e RI sont sur la crête entre les cotes 163 et 188. Le 3e Btn Samuel-Mayer est porté en arrière de cette crête. Les soldats commencent à creuser des tranchées.
▪..........À 18h30, les fractions reformées du 72e RI qui s'est replié de Servon, vont occuper les tranchées sur les pentes nord de Saint-Thomas-en-Argonne. Le mouvement de repli est arrêté et la ligne de combat française se maintient entre Servon et Saint-Thomas-en-Argonne.

◦ Le 16 septembre à 5h30, le Colonel de Guitant prend le commandement de la 6e Bde et donne l'ordre au 51e RI de quitter ses emplacements pour aller occuper ses positions de la veille, au Four-de-Paris, la Harazée et Vienne-le-Château.
▪...........À 6h30, les 1er et 2e Btns se rendent à Vienne-le-Château. Le village est bombardé. Cinq hommes de la 5e Cie qui étaient à l'abri dans l'église sont tués d'un obus percutant qui a traversé une fenêtre de l'église.
▪.........À 8h, le 51e RI organise la défense de la lisière du Bois d'Hauzy, alors que l'ennemi bombarde intensivement Vienne-le-Château.
▪.........À 11h30, le 51e RI est remis à la disposition de la 3e Div
▪.........À 12h15, le bombardement cesse pour reprendre à 13h30 par intermittence.
▪.........À 14h, le 51e RI doit tenir et faire établir les têtes de pont au nord de Vienne-le-Château et de La Harazée
▪.........À 15h le 2e Btn Laprun avec les 6e et 8e Cies, est en position à la lisière nord du bois Triangulaire, au nord de St Thomas à la cote 163. La liaison est établie avec le 87e RI qui occupe la cote 188.
▪.........Le bombardement de Vienne-le-Château continue jusqu'à 19h et dans la nuit par intermittence.
▪..........À 20h30, deux Compagnies du 51e RI sont dirigées vers la cote 176 pour relever le 2e Btn Houssaye du 72e RI.

◦ Le 17 septembre, les troupes restent sur leur position, avec ordre de tenir coûte que coûte. Le 3e Btn est au Four-de-Paris, le 2e Btn est à La Harazée et le 1er Btn est à Vienne-le-Château.
▪........Le Colonel Rauscher prend le commandement du secteur de gauche, avec entre autres, deux Compagnies du 51e RI qui sont postées à la lisière nord du bois situé entre les cotes 163 et 188.
▪.........À 5h, une canonnade éclate.
▪.........À 8h30, les 6e et 8e Cies sont relevées par les 2e et 3e Cies du 1er Btn
▪.........À 9h, deux Compagnies du 51e RI sont envoyées à la Placardelle pour organiser le mouvement de terrain, qui s'étend de la cote 198 vers la Chapelle Saint Roch. Elles rentrent dans la soirée cantonner à Vienne-le-Château.
▪.........Vers 17h, sur ordre du Commandant du 2e CA, une attaque est lancée par les Français sur Servon. Des feux ennemis très violents de front et de flancs ont arrêté le mouvement de l'attaque, et une brume très dense suivie de l'obscurité a obligé à opérer un repli vers les tranchées de départ.

◦ Le 18 septembre, les troupes de première ligne sont relevées et le 1er Btn du 51e RI est devant Servon, et un autre sur la crête 183; deux Compagnies à la lisière nord du bois situé entre la cote 183 et 188, deux autres occupent Saint-Thomas-en-Argonne. Le 3e Btn relève le 18e Bataillon de Chasseurs à Pied devant Servon à la cote 166.
▪..........dans la matinée, au cours du bombardement intensif de Saint-Thomas-en-Argonne, deux officiers du 51e RI sont tués, ainsi que les deux cavaliers d'escorte de la Brigade, avec leurs chevaux.
▪..........Après une accalmie dans l'après-midi, le bombardement reprend violemment à 17h jusqu'à 19h; il vise tout particulièrement une batterie installée au nord du village de Saint-Thomas-en-Argonne, occasionnant 5 tués et 13 blessés.

◦ Le 19 septembre, la situation militaire reste inchangée.
▪..........Vers 12h, l'ennemi reprend son bombardement sur Saint-Thomas-en-Argonne.
▪..........Vers 13h, une accalmie mais le bombardement reprend à 15h30: l'église puis la mairie sont en flammes, bientôt toute la partie est du village est en feu.
▪..........18h l'État-Major de la Brigade qui était à Saint-Thomas-en-Argonne se transporte à Vienne-le-Château.

◦ Cormicy, au nord-ouest de Reims est un secteur à fort enjeu.Les soubresauts de l'ennemi sont durs, notamment sur la motte de Sapigneul, petit hameau de Cormicy, (cote 91) qui surplombe le passage de la rivière et du canal (*).
◦......... Berry-au-bac et la cote 108 sont un enjeu essentiel pour le contrôle de ce franchissement qui ouvre la voie sur Reims. Le 14 septembre, les Français parviennent difficilement à reprendre Berry-au-Bac. Les combats font rage sur la cote 108 occupée par l'armée française qui contrôle de ce fait la vallée de l'Aisne et la vallée de la Loivre et surtout les deux canaux navigables, celui latéral à l'Aisne et celui de l'Aisne à la Marne.
◦..........Alors que La Neuville, hameau de Cormicy situé près du pont du canal de l'Aisne à la Marne, proche de Berry-au-bac, est occupé par les Allemands le 1er septembre 1914, les Français après de très durs combats arrivent à le reprendre le 14 septembre.
◦ Le 19 septembre, en représailles pour avoir été refoulé par les troupes françaises depuis la Marne, l'artillerie allemande bombarde la cathédrale de Reims, la détruisant à 80%. Ce même jour, samedi 19 septembre 1914, Henri SENECHA meurt à 4h du matin des blessures reçues sur le champ de bataille de Cormicy (***).

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. L'acte de décès du titulaire de la plaque d'identité Cl.1903.Mle1012, est établi le 19 septembre 1914, à 5h du matin, à Cormicy, et précise « … nous nous sommes transportés auprès de la personne décédée et assurés de la réalité du décès. Dressé par nous, Lefebvre Henry Edmond, officier d'administration de 2e classe, gestionnaire, Officier de l'état civil sur la déclaration de Delaherche Constant, soldat de 2e classe de la 2e Section d'Infanterie et de Daumal Édouard, soldat de 2e classe de la 2e Section d'Infanterie, témoins qui ont signé avec nous après lecture... ».
. L'avis officiel paraît le 25 novembre 1914.
. Déclaré « Mort pour la France »
. Inhumé à : la nécropole nationale de la Maison bleue à Cormicy (?)(****).
. Transcrit à Le Mesnil-Théribus le 11 avril 1917, acte n° 4,

Nota (*): texte extrait et inspiré par le livre '' Ils sont partis en chantant '' de Gérard Boutet.
Nota (**) : La caserne Watrin était située à l'emplacement de l'actuel Palais de Justice de Beauvais. Le 51e Régiment d'Infanterie a donné son nom à une rue de Beauvais qui longe le Théâtre de Beauvais.
Nota (***) : il reste à comprendre pourquoi Henri SÉNÉCHAL est décédé à Cormicy au nord de Reims, alors que manifestement son Régiment, le 51e RI était le 19 septembre dans un secteur entre Vienne-le-Château et Servon-Melzicourt, en Argonne. Les personnes susceptibles de répondre à cette question peuvent écrire au site de la mairie de Le Mesnil-Théribus.
Nota (****) : Une visite effectuée dans cette nécropole en mai 2018, n'a pas permis de localiser Henri SÉNÉCHAL dans le livre des sépultures.

fin