QUILLET Charles Aimé (15/01/1882 - 23/02/1915)

Morts pour la France du Mesnil-Théribus :

QUILLET Charles Aimé (15/01/1882- 23/02/1915).
• Charles QUILLET est né le 15 janvier 1882 à 4 heures et demie du matin, à La Houssoye
• Il est le fils de Xavier, Achille, Belomé QUILLET, charbonnier à La Houssoye et de Clémence, Octavie BOULANGER, ménagère.
• Recensé au mois de janvier 1903, sous le n° 1116, Charles QUILLET tire quelques semaines plus tard un petit numéro, le n° 49, au tirage au sort dans le canton d'Auneuil. Le Conseil de Révision d'Auneuil le classe dans la première partie de la liste de recrutement cantonal; il le déclare ''ajourné faiblesse'', et apprécie son degré d'instruction générale au niveau 3.
• Au Conseil de Révision de 1904, son cas ayant été de nouveau examiné comme pour tous les ajournés des années passées, il est de nouveau confirmé ''ajourné faiblesse''. Le Conseil de Révision de 1905 finit par le déclarer ''Bon'' .
• Le 8 octobre 1905, Charles QUILLET est incorporé, matricule au corps n°6358, comme soldat 2e classe dans le 51e Régiment (RI).
• Le 18 septembre 1906, il est envoyé en disponibilité avec son Certificat de bonne conduite. Puis il passe dans la réserve de l'armée active le 1er octobre de la même année
• Boutonnier domicilié à La Bosse depuis le 14 février 1907, il épouse au Mesnil-Théribus le 14 décembre de la même année, Marie Louise NOVÉ, 18 ans, tabletière au Mesnil-Théribus et sœur de Marcel Nové.
• Le 16 mars 1908, le couple est domicilié à La Houssoye.
• Charles QUILLET accomplit sa première période d'exercices dans le 51e RI du 28 août au 21 septembre 1908.
• Le 23 janvier 1911, le couple QUILLET réside à Valmondois et a un fils, prénommé Charles Aimé comme son père, mais qui ne survivra que 8 jours.
• Cinq mois plus tard, le 5 juin 1911, le couple est domicilié au Mesnil-Théribus, comme charbonniers.
• Charles QUILLET accomplit sa seconde période d'exercices dans le 51e RI du 14 mai au 30 mai 1912.
• Il divorce le 27 février 1914, par acte du jugement du tribunal civil de Beauvais transcrit au Mesnil-Théribus le 14 août 1914.

• 1914 … mois d'août et septembre …
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◦ Mobilisé le 1er août 1914, il arrive au corps à Beauvais le 4 août, matricule au corps n° 014246, affecté à la 12e Compagnie (Cie) (*) commandée par le sous-lieutenant Balleyguier, 3e Bataillon (Btn) commandé par le commandant Mayer-Samuel, du 51e Régiment d'Infanterie (RI) commandé par le colonel Leroux, 6e Bridage (Bde) du général Régnault, 3e Division (Div) , 2e Corps d'Armée (CA), VeArmée. Charles QUILLET porte sur son képi rouge le numéro 51, désignant son régiment.
◦ Les Corps d'Armée sont rattachés par le Haut Commandement à une Armée ou à une autre, suivant les impératifs militaires du moment. Ainsi entre fin 1914 et début 1915, Charles QUILLET voit le 2e CA auquel il appartient, changer trois fois d'appartenance : le 9 août 1914, il passe de la Ve Armée à la IVe Armée du général de Langle de Cary, le 9 janvier 1915, il passe à la IIIe Armée du général Sarrail, et le 20 février 1915, retour à la IVe Armée.
◦ Le 6 août, Charles QUILLET est envoyé avec le 3e Btn en Belgique, vers Tintigny, Étalle, Rossignol, Jamoigne, comme soutien de la 4e Division de Cavalerie.
◦ Le 11 août, la section Roisin de la 10e Cie du 3e Btn accroche l'ennemi et tue deux cavaliers ennemis, trois chevaux et fait huit prisonniers.
◦ Le 18 août, le 3e Btn, fatigué par treize jours de longues marches et de nuits sans sommeil, rejoint le 51e RI à Vigneul-sous-Montmédy.
◦ Le 22 août, Charles QUILLET repart vers la Belgique, où des forces allemandes sont signalées. À 8h30, en s'approchant de Villers-la-Loue, il est soumis à un bombardement extrêmement violent de l'artillerie allemande qui cependant ne ralentit pas la progression vers Meix-devant-Virton, l'objectif de la journée. Le 2e et le 3e Btn traversent Villers-la-Loue et se portent à l'attaque. L'ennemi, retranché, se défend énergiquement, appuyé par de nombreuses mitrailleuses et une puissante artillerie. Les pertes françaises sont sérieuses, mais l'objectif est atteint. Le 2e Btn entre dans Meix-devant-Virton en flammes où il passe la nuit; Charles QUILLET lui, est à Robelmont avec le 3e Btn .
◦ Le 24 août, le 51e RI est prêt à reprendre l'attaque, mais il reçoit l'ordre de battre en retraite. Les troupes françaises situées en Belgique se replient sur la France. Charles QUILLET va ainsi marcher jusqu'au 6 septembre où arrive l'ordre de ne plus reculer. Pendant la retraite, le 51e RI a perdu 359 hommes (tués, disparus ou blessés).

◦ Le 6 septembre, la bataille de la Marne commence alors que Charles QUILLET se trouve à Scrupt. Les Allemands bombardent Blesme et Dompremy sans toutefois prononcer d'attaque.
◦ Le 7 septembre à 17h, le 3e Btn Mayer-Samuel quitte Scrupt et vient, à la droite du 2e Btn, occuper Saint-Lumier. Le Colonel Leroux commandant le 51e RI est blessé ; le commandant Agel prend sa place et nomme alors le Capitaine Hayot à la tête du 1er Btn.
◦ Le 8 septembre, malgré la puissance de feu des Allemands, ceux-ci sont bloqués au delà de la voie ferrée à Dompremy.

◦ Le 10 septembre, la voie ferrée est défendue avec opiniâtreté par les hommes du 51e RI. Suite aux lourdes pertes qu'ils subissent, les allemands arrivés à moins de 100m, renoncent à poursuivre leur attaque. Seul le bombardement continue. Dans la nuit du 10 au 11 septembre, les patrouilles envoyées en avant du front rendent compte que l'ennemi a abandonné ses positions et qu'il ne reste plus sur le terrain que des cadavres et un grand nombre de blessés : les Allemands refluent vers le nord.
◦ Le 11 septembre, le 51e RI, à la limite de ses forces, se repose sur place. La bataille lui a coûté la perte de 510 hommes (tués, disparus ou blessés). Le lendemain, la poursuite de l'ennemi commence.

◦ Le 14 septembre, le 51e RI atteint Vienne-le-Château. Le lendemain, il se heurte à une forte résistance allemande qui se cramponnent aux halliers touffus de l'Argonne. C'est le début de la guerre de tranchée. Les deux ennemis sont parfois à quelques dizaines de mètres; l'acharnement est égal des deux côtés. Grenades, pétards, mines font leur apparition.
◦ Le 21 septembre, Charles QUILLET participe à l'attaque sur Servon.

• 1914 … Octobre à novembre …
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◦ En octobre 1914, alors que le régiment de Charles QUILLET est dans la forêt d'Argonne, le Commandant Girardon prend le commandement du 3e Btn en remplacement du Commandant Mayer-Samuel, évacué pour maladie.
◦ Le 1er octobre, Charles QUILLET est à la cote 190 vers Rondchamp.

◦ le 6 octobre, il est à Vienne-le-Château en réserve avec le 3e Btn. Il se tient près à intervenir sur le front en cas de nécessité. La mission des unités du 2e CA est de ''maintenir l'ennemi sur son front''.
◦ Le 29 octobre, le 3e Btn est envoyé dans la matinée en soutien du 1er Btn du 128e RI chargé de reprendre un élément de tranchée au nord de la cote 176, évacué à la suite d'un bombardement.

◦ Le 3 novembre, les hommes du 3e Btn coopèrent avec le Génie au perfectionnement des tranchées situées entre le 2e et le 3e Btn, alors que des tranchées ennemies ont été fraichement creusées parfois jusqu'à 50 m de celles du 2e Btn.
◦ Le 4 novembre à 15h, le 3e Btn utilisent pour la première fois les nouvelles grenades anglaises ''Marten-Hale'', lancées au moyen d'un fusil. Quelques incidents ont été déplorés dans les premiers tirs, la méthode d'emploi devant être respectées scrupuleusement.
◦ Le 7 novembre, le 51e RI est relevé par le 128e RI. Le 3e Btn va cantonner à La Noue et Naviau.
◦ Le 9 novembre, Adolphe DOUCET, un camarade mesnilois de Charles QUILLET du 51e RI, est tué lors de l'attaque de la cote 176 au nord de Vienne-le-Château.

◦ Le 10 novembre, le 51e RI reçoit l'ordre de reprendre les tranchées perdues au Sud-Ouest et au Nord de la cote 176. Le 1er Btn Hayot et le 3e Btn Girardon où se trouve Charles QUILLET, se préparent à monter à l'assaut.
▪..........À 9h30, l'attaque est déclenchée après une préparation de toute l'artillerie disponible. Deux Compagnies du 2e Btn Laprun sont disposées dans de nouvelles tranchées creusées dans la nuit du 8 au 9 dans la vallée de la Noue-Dieusson, face au nord. Ces deux Compagnies ont pour but d'ouvrir un feu intense après la préparation de l'artillerie afin de détourner l'attention de l’ennemi sur la véritable direction de l'attaque. Celle-ci est dirigée par le Colonel Agel en personne, mais elle est aussitôt exposée aux feux violents des Allemands retranchés dans le petit bois de sapins et dans le taillis situé à l'est de la route de Binarville.
▪..........À 10h, l'attaque est arrêtée par la violence du feu de l'ennemi. Les premiers éléments parviennent cependant à atteindre les fils de fer. Le Lieutenant-Colonel Agel (**) est tué. Il est aussitôt remplacé par le Commandant Girardon qui demande l'autorisation de tenter une nouvelle attaque avec les 9e et 12e Cies qui sont restées indemnes. Malgré l'élan de l'attaque, il n'est pas possible de se porter au delà de la route de Binarville.
▪..........À 11h30, la Division donne l'ordre de se replier par petits groupes dans les tranchées nouvellement construites en arrière par le 128e RI.
▪..........À 20h, Charles QUILLET peut aller cantonner à Vienne-le-Château avec son bataillon.

◦ Le 11 novembre, le 51e RI est remplacé en première ligne, à la suite des pertes éprouvées par les officiers du régiment. À 23h, Charles QUILLET va cantonner au Rondchamp où il s'y repose deux jours.
◦ Le 14 novembre, Charles QUILLET est dirigé sur le Pavillon, où il est en réserve avec son bataillon, sauf la 11e Cie. Son régiment reçoit un renfort de 2 officiers et 400 hommes, qui ne seront pas de trop pour remplacer les pertes.

◦ Le 20 novembre, Charles QUILLET passe en 1ère ligne avec le 3e Btn, de la droite à la Caponnière (***) jusqu'à 100m à gauche à l'ouest de la route de Binarville. Plus au sud, la clairière du Pavillon est bombardée presque toute la matinée.
◦ Le 24 novembre, le 51e RI est relevé par le 128e RI. Charles QUILLET se retrouve au cantonnement de la Renarde. Le Régiment reçoit un nouveau renfort de 300 hommes. Le lendemain, le Lieutenant-Colonel Brion prend le commandement du Régiment.
◦ Le 28 novembre, le 51e RI prend la relève du 128e RI. Les attaques allemandes tout le long de ce mois d'automne auront été meurtrières. Les pertes sont lourdes: 12 officiers tués dont le colonel Agel, commandant le 51e RI, 25 officiers blessés, dont le Sous-Lieutenant Balleyguier de la 12e Cie, et parmi les soldats, 317 tués, 1570 blessés et 577 disparus.

• 1914 … mois de décembre …
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◦ le 1er décembre à 10h, les Allemands attaquent la Caponnière où se trouve la 3e Cie du 1er Btn, en lançant un grand nombre de bombes et faisant exploser douze fourneaux de mine. L'explosion détruit soixante mètres de tranchées et en bouleverse le reste. Les Allemands se précipitent alors dans cette partie du secteur; l'attaque allemande est menée par trois compagnies du 120e Wurtenbergeois. Elles prennent pied dans les anciennes tranchées françaises et s'y organisent, repoussant une contre-attaque française.
◦ Le 2 décembre à 14h30, l'attaque allemande ajourne la relève du 3e Btn. Charles QUILLET doit rester sur place et s'occupe à défendre la nouvelle ligne de tranchées qui doit relier la droite du 51e RI à la gauche du 87e RI.
◦ Le 3 décembre, le 3e Btn reste en réserve au Pavillon. Charles QUILLET ne rentrera aux abris de Plaisance que le lendemain.

◦ Le 8 décembre, le 51e RI relève le 87e RI dans le secteur de la Fontaine-aux-Charmes. Les Allemands attaquent dans ce secteur, sans conséquence.
◦ Le 10 décembre, le secteur reste très agité avec lancement de bombes sur tout le front. À un moment donné, une partie des hommes du 3e Btn Girardon se retrouve dans la même tranchée que les allemands. Là, un officier allemand, par derrière le parapet de la tranchée, engage les Français à se rendre : un soldat du 51e RI embusqué derrière son créneau, le réduit au silence d'un coup de fusil.

◦ Le 13 décembre, en faisant exploser une mine, la 9e Cie du 3e Btn gagne une quinzaine de mètres.
◦ Le 14 décembre, le 51e RI est relevé par le 87e RI. Charles QUILLET part cantonner à Moiremont. C'est à ce moment que le général Joffre lance l'offensive de la première bataille de Champagne. La guerre des mines bouleverse le bois de la Gruerie. Français et Allemands expérimentent de nouveaux engins meurtriers : fougasses et pétards français, sapes allemandes. Des deux côtés, il faut compter avec l'eau qui envahit les tranchées le 16 décembre.

◦ Le 19 décembre, le 51e RI retourne dans le secteur de la Fontaine-aux-Charmes.
◦ Le 22 décembre, sur le front du 1er et du 3e Btn, l'entonnoir provoqué par l'explosion d'une mine est occupé.
◦ Le 23 décembre, les explosions de mines font changer de main les tranchées plusieurs fois.
◦ Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1915, le 87e RI lance une fusillade à laquelle répondent les Allemands. Le lendemain ces derniers envoient dans la tranchée française un billet enroulé autour d'une pierre qui dit : « Messieurs,la nuit dernière nous chantions des chants religieux.Pourquoi avez-vous fusillé si terrible? Signé: Beaucoup de camarades d'Allemagne ». ◦ Le 26 décembre, ils envoient dans une bouteille, une coupure de journal et une lettre incitant les hommes à la désertion. Le 3e Btn est en réserve au Rondchamp.

◦ Le 28 décembre, toutes les unités du 2e CA maintenant leur pression sur l'adversaire depuis le 25 décembre, l'artillerie française se déchaine. Mais le froid devient vif et l'épais brouillard matinal empêche les réglages de l'artillerie. Les mitrailleuses allemandes restées intactes, causent de lourdes pertes parmi les attaquants français.
◦ Le 29 décembre, le 3e Btn va relever le 2e Btn.
◦ Le 31 décembre, dans la nuit une fusillade française provoque une vive riposte de l'ennemi qui semble se concentrer sur les tranchées de 1ère ligne. Il lance en effet des attaques sur le pavillon de Bagatelle, Fontaine-la-Mitte et Saint-Hubert ; les assauts sont terribles et causent de sérieuses pertes françaises. À Fontaine-Madame, à 10 heures, un bataillon du 51e RI et un autre du 87e RI sont rejetés sur la troisième ligne où ils s'accrochent avec peine. Cependant les travaux de sape refoulent peu à peu l'ennemi; les hommes creusent des tunnels jusque sous la tranchée ennemi afin d'y faire exploser un grosse charge de poudre.

• 1915 … mois de janvier …
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◦ Du 1er au 4 janvier, journées plutôt calmes. Le 3e Btn est relevé par le 2e Btn et va cantonner à La Neuville-au-Pont.
◦ Le 5 janvier, alors que les Français sont sur le point de lancer une attaque pour récupérer les tranchées perdues le 31 décembre, les Allemands prononcent une attaque sur tout le front. « Par les ravins qui descendent vers la Biesme, le XVIe corps allemand pousse ses têtes de sapes jusqu'à 10 mètres des positions françaises.» On se bat à La Fontaine-Madame, Saint-Hubert, les Courtes-Chausses. Le 1er Btn Hayot surpris par la violence de l'attaque lâche prise et l'ennemi parvient à occuper la 3ème ligne sur un front de 200 m. Les Allemands veulent pousser plus avant dans la direction du PC du Colonel, mais ils sont arrêtés par le feu d'un peloton de sapeurs du Génie qui travaillaient là à une position de repli. L'ennemi est finalement repoussé par une vive contre-attaque de deux Compagnies Coloniales, en réserve aux abris du lieu-dit "Le Cimetière Militaire" . Le 2e Btn résiste quant à lui, à quatre tentatives de rupture du front. Cependant le 1er Btn ne parvient pas à reprendre à l'ennemi les tranchées perdues.

◦ Le 6 janvier au soir, le 3e Btn en réserve à la Neuville-au-Pont, est rappelé pour relever le 1er Btn.
◦ Le 11 janvier, le 51e RI reçoit l'ordre de quitter incessamment le secteur de l'Argonne.
◦ Le 13 janvier le 51e RI est relevé et part cantonner à Passavant-en-Argonne à 20 km au Sud du front.
◦ Le 15 janvier, le 51e RI est acheminé par chemin de fer à Auzécourt (14 km au sud de Passavant-en-Argonne), où il doit se recompléter en hommes et en matériel.

◦ Le 19 janvier dans la matinée, le Général Cordonnier, alors commandant de la 3e Div, passe en revue le 51e RI qui défile dans la grande rue de Laheycourt ( à 2 km à l'ouest d'Auzécourt) .
◦ Le 27 janvier, le Général Joffre en personne, vient visiter les cantonnements du 2e Corps d'Armée.

• 1915 … mois de février …
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◦ Début février l'entrainement se poursuit à Dommartin-sur-Yèvre et Herpont.
◦ Le Général de Langle, commandant la IVe armée, est résolu à porter tout son effort en Argonne sur un front d'environ huit kilo¬mètres, entre le fortin de Beauséjour et le bois à l'Ouest de Perthes-les-Hurlus. Mais les conditions sont plutôt défavorables: les successions de gel-dégel détériorent les tranchées, rendent les routes impraticables et les Allemands bien équipés, réagissent avec violence aux attaques françaises.
◦ Le 8 février, le 3e Btn arrive à Herpont où il cantonne.
◦ Le 10 février, après avoir cantonné deux jours à Dampierre-le-Château et à Herpont, le 51e RI part pour aller à Dommartin-sur-Yèvre.
◦ Le 20 février, il est aux abris entre Somme-Tourbe et Somme-Suippe.
◦ Le 21 février, le 51e RI part relever le 84e RI dans les tranchées à l'ouest du fortin de Beauséjour, situé au nord-est de Mesnil-les-Hurlus. Le 51e RI quitte ses abris à 12h30 et se dirige par la cote 165 vers le Bois de la Truie où il occupe les tranchées. Les officiers du régiment ont reconnu dans la matinée les positions qui devront être prises à l'ennemi et occupées dans la soirée par leurs troupes.

◦ Le 22 février, Charles QUILLET est dans les tranchées de 2e ligne au nord du ravin de Marson.
▪..........À 10h, le 51e RI reçoit l'ordre d'attaquer les tranchées allemandes et de prendre la cote 196, par le sud du mamelon.
▪.......... À 15 heures, le 2e Btn Zeil sort des tranchées du Bois en Accent Circonflexe et du Bois de la Truie, pour se lancer à l'assaut des tranchées adverses au Bois Allongé. « Malgré le feu intense de l'ennemi, en dépit de lourdes pertes, il réussit à progresser de 200 mètres et à prendre pied dans le Bois Allongé. Les hommes montent à l'assaut avec un entrain admirable, mais la distance à parcourir est trop grande et une petite fraction seulement parvient à s'établir dans les tranchées de l'extrême droite. Une autre fraction s'installe dans le bois Rabougri, qu'elle est dans la nécessité d'évacuer la nuit suivante. À 18 heures, une contre-attaque allemande, forte de plusieurs compagnies débouchant en colonnes par 4, est arrêtée net par les feux du bataillon.»

◦ Le lendemain 23 février, l'attaque est reprise. Le 51e continue à progresser dans le Bois Allongé et c'est au tour du 3e Btn Girardon à marcher.
▪..........La 12e Cie est chargée de la prmeière partie de l'opération. Cependant son Capitaine, le commandant Picard est tué et remplacé par le Capitaine Haugaillard. À 16h, malgré les précautions prises et les reconnaissances faites avec les chefs de section, l'attaque menée par la 12e Cie dévie vers la droite et aboutit dans un boyau retombant dans les tranchées françaises. Charles QUILLET et ses camarades, sont dans une mauvaise situation et il est alors impossible sous la fusillade ennemie de redresser la direction. Au même moment, une contre-attaque ennemie se produit sur la tranchée occupée par un peloton de la 9e Cie. Elle est repoussée par la garnison de cette tranchée. Mais les Français ne peuvent pas progresser de ce côté du secteur. Sur la gauche, la 10e Cie parvient néanmoins à atteindre le Bois Rabougri où elle s'y retranche aussitôt.
◦ À l'issue de cette journée du mardi 23 février 1915, où 26 hommes sont tués ou disparus, le soldat de 2e classe Charles QUILLET, est déclaré « tué à l'ennemi » sur le champ de bataille à Mesnil-les-Hurlus, sur la cote 196 (****).

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• Acte du décès fait à Herpont dans la Marne: « Le 10 mars 1915 devant Marot Marie Palemon Viliam , sous-lieutenant officier état civil, sont comparus les sieurs Léopold, Jules Lourdelles, caporal au 51e RI, 25 ans, et Paul, Eugène Pot, caporal au 51e RI, 24 ans, lesquels ont déclaré que le sieur QUILLET Charles, Aimé, soldat au 51e d'Infanterie, matricule 014246, était décédé à Mesnil-les-Hurlus sur le champ de bataille.»
• L'avis ministériel du 28 avril 1915, entérine le décès, avec la mention « Mort pour la France ».
• Inhumé à ?
• une note archivée à Beauvais, précise ''prévenir Mme PAVIE à LMT''.
• transcrit au Mesnil-Théribus le 23 juin 1915, acte n° 7.
• nota (*) : d'après les Archives du département de l'Oise.
• nota (**) : Il donnera son nom à la Caserne Agel de Beauvais, située sur le plateau Saint Jean. La caserne Agel du plateau Saint Jean a aujourd'hui disparu, au profit d'immeubles résidentiels. Il reste un pan de mur avec une plaque commémorative du Lieutenant-Colonel Agel.
• nota (***) : Une caponnière est une fortification qui protège les fossés d'un saillant. Le saillant devait être celui situé au dessus de Bagatelle.
• nota (****) : commentaire officiel : « Le 51e Régiment d'Infanterie, sous le commandement du lieutenant-colonel BRION, a enlevé d'un seul élan, une importante position allemande fortement organisée, en a chassé les défenseurs avec une bravoure et une énergie qui ont fait l'admiration de toutes les troupes du secteur, s'est installé sur les positions conquises et a résisté obstinément pendant plusieurs jours aux contre-attaques acharnées des renforts ennemis. »

fin