Le Mesnil - Histoire d'autrefois

La commune du Mesnil Théribus fait partie du canton d’Auneuil. Le Mesnil est formé de deux sections que l’on appelait le Vieux Mesnil ou Haut Mesnil et le Bas Mesnil ou Beaufresne. Le village était autrefois une seigneurie qui dépendait de la Maison de Mornaï.

1. Etymologie - Historique du nom

  • Mesneleum vers 1180
  • Le Mesnil Tarbus en 1459
  • Le Mesnil-sur Taranbus en 1575
  • Meniteribus vers 1650

(source plan du diocèse de Beauvais)

Les noms de lieu comprenant le mot Mesnil sont très répandus en France et donc on y joint habituellement un autre nom. Ce nom vient du latin Mansis ou Mansionile qui se traduit par habitation ou demeure. Il n’y a pas moins de quinze lieux ayant le mot Mesnil rien que pour l’Oise.

2. Les Landes

"Les Landes" est un hameau plus important situé sur Beaumont les Nonains. Ce hameau était encore entouré de bois au siècle dernier.

Au nord de Theribus, le lieu de la Hamelle rappelle l’emplacement d’un ancien lieu habité connu sous le nom de Hamel.
On ne connaît pas l’époque de sa destruction qui remonterait avant la révolution.

3. Le Château de Beaufresne

Bâtisse en briques rouges, de la fin du XVIIIéme, propriété d'une dizaine d'hectares traversée par un petit cours d’eau "le Ru du Mesnil" qui prend sa source dans le village, ses arbres remarquables, ses pelouses, ses près et ses bois de 51ha en font un joli château dans son écrin de verdure.

Le nom de Beaufresne provenant des différentes appellations des quartiers du village: le Haut-Mesnil ou aussi le Vieux Mesnil, et le Bas-Mesnil ou Beau-Fresne.

Ce château a été marqué par des liens historiques avec les Etats-Unis d'Amérique. Il a appartenu à la famille de l'Amiral François Joseph de Grasse (voir la rubrique "personnages célèbres du Mesnil Théribus"), vainqueur de la bataille des Caps de Virginie en 1781 contre les anglais, qui permit au général Georges Washington et au marquis de la Fayette de gagner la guerre d'Indépendance des États-Unis d'Amérique.

Le château de Beaufresne fut la demeure de l’artiste peintre Américaine Mary Cassatt de 1896 à 1926 (voir la rubrique personnages célèbres du Mesnil Théribus"), qui l'acheta à François Fouquet Marie marquis de Grasse et Guillaume, comte de Grasse.
Elle est née en 1844 à Alleghany City, banlieue de Pittsburgh où hasard ou prédestination Katherine Kelso, la mère de Mary Cassatt croisa La Fayette (compagnon de l'Amiral de grasse) en 1820 au cours d'une réception que 'Bruno le demi-frère de ce dernier donna pour ses amis de la ville'(*).
Mary Cassatt a beaucoup investi dans son château de Beaufresne. C'est elle qui a fait planter les arbres remarquables que l'on peut encore admirer dans le parc. Elle contribua à la renommée des Roses de Picardie en créant une roseraie dans un 'jardin qui n'avait qu'un seul rival à Gerberoy, où vivait depuis 1903 Le Sidaner, un bon peintre de la veine néo-impressionniste (*).

Elle aménagea le château avec tout le confort connu à cette époque. Elle utilisa le moulin restauré du domaine, pour fabriquer son électricité qu'elle proposa en vain à la commune du Mesnil Théribus d'en faire profiter le village comme source de lumière; elle ne renonça pas pour autant de participer à la vie communale et décida de prendre en charge le salaire de l’institutrice pendant de nombreuses années.(*). A noter que l'électrification du village intervint en 1926. Elle utilisa le moulin comme atelier de gravures pour réaliser ses estampes.
Chaque Noël, elle offre à la commune un sapin et une collation avec brioche, chocolat chaud, aux enfants du village (*).
Mary Cassatt qui est connu comme peintre des femmes à l'enfant, 'a demandé à certains villageois de poser pour elle. Son plus illustre modèle local fut Reine Lefebvre' (voir la rubrique "personnages célèbres du Mesnil Théribus").

A noter que le premier tableau que s'offrit Picasso était un Mary Cassatt (*).
Le château de Beaufresne reçut la visite de personnalités dont entre autres, les marchands de tableaux Ambroise Vollard et Joseph Durand-Ruel.
Le château de Beaufresne a été légué par la nièce de Mary Cassatt à l’association «le Moulin Vert» qui accueille aujourd’hui des adolescents en formation d’horticulture.
(*) d'après "Mary Cassatt, Les impressionnistes et l'Amérique" de Guy Vadepied, Encrage Édition.

4. Le Ru

Le Ru du Mesnil prend sa source dans le village, il mesure 11km et passe à Fresneaux Montchevreuil, Pouilly, Senots, Fresnes L’Eguillon, Fleury, et se jette dans la Troesne.

5. Le chemin de fer

La ligne du chemin de fer "Méru-La Bosse" (32 km de long) était une ligne d’intérêt local. Sa mise en service date du 1er janvier 1905 entre Méru et Le Mesnil Theribus, puis jusque La Bosse à partir du 22 novembre 1905.

Les gares desservis étaient

  • Méru
  • Amblainville
  • Hénonville
  • Ivry-le-Temple
  • Fresnes l’Eguillon
  • Fresneaux Montchevreuil
  • Le Mesnil Theribus
  • Jouy-Sous-Thelle
  • Porcheux
  • La Bosse
  • En 1897, un premier projet prévoyait une ligne Méru Auneuil. Une autre proposait Méru-Trie la Ville. Mais cette même année, M. DEQUETER, entrepreneur de travaux publics à Paris, demandait la concession de la ligne Méru-La Bosse. C’est son projet qui fut retenu par le conseil général.

    En 1908, le premier train partait à 7h50 de Méru pour arriver à la Bosse à 9h07. La ligne de chemin de fer reliait les lignes de Paris-Beauvais, Gisors-Beauvais. Cette nouvelle ligne profitait non seulement aux usagers, mais aussi aux tailleries des environs de Méru et à l’industrie sucrière très répandue dans la région.

    Pendant la guerre de 14-18, le trafic n’est pas suspendu, mais après la guerre, il est réduit à deux allers-retours quotidiens. Malgré une fréquentation soutenue, le déficit ne cesse d’augmenter en raison de l’accroissement des dépenses et de la concurrence des transports routiers en développement, la ligne est fermée en 1934.

    6. Le château de Theribus

    Construit au tout début du règne de Louis XIII, dans les premières années du 17ème siècle, pour une cadet de la famille de Mornay , laquelle possédait aussi les châteaux de Fresneaux-Monchevreuil , Villarceaux et Amblainville , il a été agrandit de ses pavillons latéraux et des communs au milieu du 18ème siècle ; la façade a été décorée de têtes de lions et de guirlandes de plâtre vers 1825 ; sa chapelle, consacrée à St Joseph, date de Louis XV et conserve sa cloche d’origine. Les bâtiments de ferme, situés en avant de la cour d’honneur, ont été transformés en pavillon de gardien et salle de réunion vers 1880 lorsqu’à été modifié l’accès au domaine et mise en place la grande grille au chiffre M, initiale de la propriétaire de l’époque ; le pigeonnier a toujours ses boulins ( nids en argile sur les parois ) et une échelle tournante pour ramasser les œufs.

    Le parc, derrière le château était jusqu’en 1826 dessiné « à la Française », avec charmilles et buis. Il a été alors , comme beaucoup d’autres à la même époque, remodelé à l’anglaise, avec une vaste pelouse et ses arbres d’agréments dont un splendide cèdre. Quant au bois qui lui fait suite, il présente la quasi-totalité des allées perpendiculaires et circulaires dessinées il y a quatre cent ans.

    L’ensemble des bâtiments anciens, y compris la plus grande partie de l’intérieur du château, le parc et le bois attenant ont été récemment inscrits à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Ce domaine, qui a vu se succéder les membres de la bonne aristocratie locale (Mornay, alliés aux Croq et aux Montmorency, seigneurs de Fosseuse) puis, après la ruine de cette dernière à la fin du 17ème siècle, ceux de la grande bourgeoisie beauvaisienne (Foy de Morcourt, de Lamotte, Michel, Serpe et leurs descendants, Les Ticquet et Jourdain d’Héricourt) souvent négociants textiles, élus de la ville ou magistrats au tribunal, est en effet caractéristique du cadre de vie des classes aisées de notre région de 1610 à 1870 ; il est ensuite devenu la propriété de familles établies à Paris (Mercadé, Gaffinel, Latour, Courtière et enfin Choppin de Janvry.

    Charles de Mornay
    Charles de Mornay, qui avait perdu une jambe à Rocroy, n’en eut pas moins six filles qui, faute de dot, furent toutes nonnes et six fils, tous militaires sauf l’un deux qui devint évêque de Québec, au Canada par protection de son oncle le Marquis de Mornay-Monchevreuil qui était proche du roi par sa femme liée à Madame de Maintenon, la deuxième épouse de Louis XIV. Comme Monseigneur de Mornay avait le mal de mer, il se contenta de rester en France et administra de loin son diocèse avant de mourir écrasé par un carrosse.
    La famille Serpe
    La famille Serpe hébergea, pendant la Révolution, quelques membres en fuite du clergé dans les caves du château.
    Seconde Guerre Mondiale
    La propriété a été occupée par les troupes américaines à la fin de la deuxième guerre mondiale et les troupes campaient dans le bois. Elle fut rendue en très mauvaise état à M. Latour et son successeur dans les lieux, M. Courtière dut procéder à d’importants travaux.

    M. Ticquet, au milieu du 19ème siècle, et M. Courtière, il y a une trentaine d’années, ont été maires du Mesnil Théribus. M. Latour a été conseiller municipal de Paris et conseiller général de la Seine entre les deux guerres et M.Choppin de Janvry, conseiller régional de Picardie il y a quelque années.

    7. L’usine de boutons, Bas Mesnil (rue du) 6, 8

    Une ancienne usine de fabrication de boutons ou l’on y fabrique par la suite des chaussures et des jouets contenant des confiseries et maintenant pour une partie transformée en garage.
    L'usine de boutons:

  • Usine de boutons Lemaire Vallée
  • Usine de boutons Lemaire Fils
  • Usine de boutons Dumas Troisoeufs
  • Usine de boutons Dumas Paul et Compagnie
  • Usine de chaussures Lefure
  • Usine d'articles en matière plastique Ets Cartel
  • Garage de réparation automobiles
  • C'est vers 1850 qu'a été créée cette usine de boutons de nacre sous la raison sociale Lemaire, puis Lemaire Vallée, puis Lemaire Vallée et Fils.

    En 1892 et 1893, une chaufferie, un magasin à nacre et des ateliers de fabrication, aménagés avec vasistas et aspirateurs de poussière, sont construits. Il existe une cité ouvrière regroupant plus de 30 logements. En 1897, un atelier de fabrication avec fronton et date portée est édifié.

    En 1935, cette usine de boutons a changé de raison sociale et s'appelle Dumas et Cie. A cette époque, modification de l'entrée de l usine avec la construction d'une conciergerie et d'un logement patronal. En 1940, l'usine est connue sous le nom de Dumas Troisoeufs et en 1962 sous celui de Dumas Paul et Cie. On y fabrique des boutons jusque dans les années 1960, date à laquelle elle est rachetée par Lefure, qui la transforme en fabrique de chaussures. En 1975, elle est vendue aux établissements Cartel qui, depuis, y fabriquent des gadgets en plastique.

    Avant 1940, le nombre d'ouvriers pouvait aller jusqu'à 150. (1940 : 70 ouvriers, 1962 : plus de 50 ouvriers, 1996 : 4 à 5 personnes)

    Garage en pans de bois, couverture de tôles ondulées.
    Un des ateliers de fabrication en brique à un étage carré et un étage de comble, fronton portant la date 1897 et monogramme VL entrecroisé (Vallée Lemaire) sculpté dans de la pierre de taille, oculus, toiture en tuile mécanique.
    Conciergerie et logement patronal en brique à un étage carré et un étage de comble, tuile mécanique.
    Cité ouvrière avec maison en brique à un étage carré et un étage de comble, tuile mécanique.

    © Inventaire général, 1995
    Dossier consultable : service régional de l'inventaire Picardie
    5, Rue Henri Daussy

    8. Eglise Saint Léger

    Il est difficile d’établir son histoire. Construite semble-t-il, en lien avec l’abbaye de Marcheroux de l’ordre des prémontrés et dont dépendait aussi l‘église de Beaumont les Nonains. On sait qu’elle a été reconstruite en pierre et brique en 1777.

    Gravé sur la robe de la cloche nous apprenons qu’en « l’an 1759 elle a été bénite par Mre Louis Charles Le Febvre, prêtre, curé de cette paroisse et nommée Nicolle Elisabeth par Mre Nicolas Divery, écuier, seigneur de cette paroisse du Mesnil Théribus et de Coincore, Grimesnil, Marivaux, Besthiencour, Guisencourt autres lieux, et par dame Charlotte Elisabeth Testard Dulys, sa femme, mes Parain et Maraine ».

    En 1807, le maire M Famin réclame au préfet de l’Oise des réparations de première nécessité, point de plafond, ses murs sont nus, point de chair ni de fonts baptismaux.

    En 1876, réparations des lambris du chœur et du palier de l’autel.

    En 1883, reconstruction du porche avec les matériaux provenant de sa démolition ; travaux réalisés par M.Collard.

    En 1890, la toiture de l’église détériorée par l’ouragan du 1er juillet dernier est refaite. Puis réparation du clocher.

    En 1916, on répare le coté est et le faîtage de la toiture ;

    En 1923, c’est le tour de l’horloge avant son électrification.

    En 2000, la toiture du clocher en ardoise a été remodelée et restaurée.

    Aujourd’hui c’est une petite église très simple dédiée à Saint Léger. Elle comporte une nef non voûté, un chœur à chevet plat et un clocher latéral sud dont le beffroi et la flèche sont en charpente et ardoise. Il est à remarquer les vitraux de la nef datant de 1875 réalisés par Roussel peinture verrier qui illustrent les sept sacrements. Dans le cœur un vitrail avec six médaillons un don du Conseil de la fabrique du Mesnil Théribus: C Lévêque en est le peintre verrier. Puis un vitrail magnifique de saint Léger, don lui aussi de la fabrique du Mesnil Théribus.

    De nouveaux travaux de rénovation ont été engagés dans les années 90.

    Pour les informations sur la paroisse et les horaires des messes, consulter le panneau d’affichage.
    Un bulletin paroissial appelé « semences » distribué dans vos boîtes aux lettres vous informe des actualités de la communauté chrétienne.